Les environnements de travail ont une influence profonde sur la santé, la sécurité et le bien-être général des travailleurs. Les tout premiers résultats de l’Enquête canadienne sur les conditions de travail (ECCT) 2024-2025, publiés par Statistique Canada, offrent un portrait plus précis des risques physiques, psychologiques et organisationnels auxquels font face les employés canadiens.

Ce que révèle l’enquête : des risques physiques encore répandus

Selon les données de l’ECCT, une proportion importante de travailleurs ont été fréquemment exposés à des risques physiques susceptibles d’affecter leur santé à long terme.

  • 54,3 % des travailleurs ont été fréquemment exposés à des risques ergonomiques, tels que des mouvements répétitifs, le levage de charges lourdes ou des positions inconfortables.
  • 28,1 % ont signalé une exposition fréquente à des risques physiques ambiants, comme le bruit fort ou les températures extrêmes.
  • 17,8 % ont indiqué une exposition fréquente à des risques biologiques ou chimiques, comme des fumées, des produits chimiques ou des matériaux infectieux.

Ces résultats démontrent que, malgré les progrès en matière de santé et de sécurité au travail, de nombreux employés continuent de faire face à des environnements présentant des dangers physiques.

Des professions face à des niveaux de risque très variés

L’exposition aux risques varie considérablement selon le secteur d’emploi. Les travailleurs des ressources naturelles, de l’agriculture, des métiers spécialisés, du transport et de la fabrication sont parmi ceux qui déclarent les taux les plus élevés d’expositions fréquentes aux risques ergonomiques.

Les professions de la santé présentent également un risque élevé : près de la moitié des travailleurs de ce secteur ont indiqué une exposition fréquente à des risques biologiques ou chimiques.

Le rôle de l’éducation dans l’exposition aux risques

L’enquête met en lumière une corrélation entre le niveau de scolarité et les risques encourus au travail. Les personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur sont moins susceptibles d’être exposées fréquemment à des risques physiques comparativement à celles ayant un niveau d’études secondaire ou inférieur.

Une demande émotionnelle croissante au travail

Outre les risques physiques, les exigences émotionnelles au travail constituent un facteur de stress non négligeable.

  • 16,1 % des travailleurs ont déclaré gérer fréquemment des clients ou des patients mécontents.
  • Dans le secteur de la santé, ce chiffre monte à 35,2 %, soit plus du double de la moyenne nationale.
  • Les femmes et les jeunes travailleurs de 15 à 24 ans sont particulièrement touchés par ces exigences émotionnelles.

Pressions sur l’équilibre travail-vie personnelle

Les pressions liées au temps de travail continuent d’affecter l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

  • 17,0 % des travailleurs ont indiqué effectuer du travail non rémunéré pendant leur temps libre, plusieurs fois par mois.
  • Les travailleurs des ressources naturelles et de l’agriculture sont parmi ceux qui travaillent régulièrement plus de 10 heures par jour ou bénéficient de moins de 11 heures de repos entre deux journées de travail.

Perspectives et prochaines étapes

L’Enquête canadienne sur les conditions de travail a pour objectif de mesurer divers aspects de la qualité de l’emploi, comme le temps de travail, l’équilibre travail-vie personnelle, la formation et les risques professionnels. Dans les prochains mois, Statistique Canada publiera des rapports plus détaillés qui exploreront ces dimensions en profondeur et offriront des pistes d’action pour améliorer les conditions de travail au Canada.

À mesure que le monde du travail continue d’évoluer, ces données seront essentielles pour les employeurs, les décideurs politiques et les intervenants en santé et sécurité afin d’orienter les stratégies de prévention et de mieux protéger le bien-être des travailleurs à travers le pays.

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