Lorsqu’il s’agit de réduire le risque de blessures physiques chez les travailleurs, il ne faut pas négliger la sécurité psychosociale. Et lorsqu’il s’agit de réduire le risque de blessures psychologiques chez les travailleurs, il ne faut pas oublier la sécurité physique.
C’est le message d’une étude dirigée par le Dr Peter Smith, président et scientifique principal à l’Institute for Work & Health (IWH). L’étude a révélé qu’une faible sécurité psychosociale au travail et une faible sécurité physique au travail se combinent pour accroître le risque de blessures physiques et psychologiques liées au travail.
« Les recherches ont déjà démontré qu’un environnement psychosocial positif, dans lequel les travailleurs sentent que leur bien-être est priorisé, entraîne une diminution du stress et une amélioration de la santé mentale », explique M. Smith. « Le fait de travailler dans des environnements physiquement dangereux est également considéré comme un facteur de stress psychosocial. Ce que nous voulions savoir, c’est si le stress psychosocial, lorsqu’il est combiné à des dangers physiques, influence le risque de blessure chez les travailleurs. »
L’étude, dirigée par Marta Pienkowski, analyste de recherche à l’IWH, est maintenant publiée dans l’American Journal of Industrial Medicine (doi:10.1002/ajim.70049).
Messages clés
- La sécurité psychosociale reflète l’engagement d’une organisation à soutenir la santé mentale et le bien-être des travailleurs.
- Les travailleurs qui perçoivent une faible sécurité psychosociale sont plus de deux fois plus susceptibles de subir une blessure physique ou psychologique liée au travail comparativement à ceux qui évoluent dans des environnements favorables.
- Les travailleurs exposés à des dangers sans protections suffisantes font face à un risque de blessure plus de trois fois supérieur.
- La prévention des blessures en milieu de travail exige une attention portée à la fois aux facteurs de sécurité psychosociale et de sécurité physique.
Pourquoi la sécurité psychosociale est importante
La réduction des blessures en milieu de travail ne concerne pas uniquement les dangers physiques; elle touche également l’environnement psychologique et social au travail. Les recherches menées par l’Institute for Work & Health (IWH) soulignent que lorsque les travailleurs sentent que leur bien-être est valorisé, ils ont tendance à ressentir moins de stress et à obtenir de meilleurs résultats en matière de santé mentale.
L’étude a examiné la façon dont les risques psychosociaux — comme le stress, le manque de soutien ou une mauvaise communication — interagissent avec les dangers physiques au travail. Les résultats démontrent que lorsque ces deux types de risques sont présents, la probabilité de blessure augmente considérablement.
Qu’est-ce que la sécurité psychosociale?
La sécurité psychosociale désigne la capacité d’une organisation à protéger efficacement le bien-être psychologique et social des travailleurs. Elle comprend l’engagement de la direction, une communication claire et des mécanismes permettant aux employés de soulever des préoccupations en toute sécurité.
Voici quelques exemples de risques psychosociaux :
- charges de travail excessives ou échéances irréalistes;
- faible autonomie au travail ou microgestion;
- manque de formation, d’outils ou de soutien;
- exposition à des événements traumatisants;
- mauvaise communication ou rôles mal définis;
- harcèlement, discrimination ou traitement injuste en milieu de travail.
Un solide climat de sécurité psychosociale ne signifie pas que ces risques n’existent pas; cela signifie plutôt que l’organisation travaille activement à les cerner et à les réduire.
Méthodologie de l’étude
Les chercheurs ont interrogé environ 1 000 travailleurs en Colombie-Britannique. Ils ont mesuré la sécurité psychosociale à l’aide d’un questionnaire validé et évalué l’exposition aux dangers physiques ainsi que les mesures de protection en milieu de travail au moyen d’un autre outil reconnu.
Les participants ont également indiqué s’ils avaient dû s’absenter du travail en raison d’une blessure physique ou psychologique au cours de la dernière année.
Principales constatations concernant le risque de blessure
Effet de la sécurité psychosociale
Les travailleurs évoluant dans des environnements présentant une faible sécurité psychosociale couraient plus du double du risque de subir des blessures physiques et psychologiques comparativement à ceux travaillant dans des milieux favorables.
Effet des dangers et des protections en milieu de travail
Les travailleurs exposés à des dangers sans protections adéquates faisaient face à un risque de blessure environ trois fois plus élevé.
Effets combinés
Les risques les plus élevés ont été observés lorsque la sécurité psychosociale était faible et que l’exposition aux dangers était élevée :
- jusqu’à 10 fois plus de risque de blessure psychologique;
- près de 5 fois plus de risque de blessure physique.
Même lorsqu’un seul facteur de risque était présent, la probabilité de blessure augmentait tout de même.
Conséquences pour les employeurs
Les résultats soulignent que les stratégies de sécurité au travail doivent aborder conjointement les risques physiques et psychologiques. Se concentrer sur un seul aspect ne suffit pas pour prévenir efficacement les blessures.
Afin d’améliorer la sécurité psychosociale, les organisations devraient :
- démontrer un engagement clair de la haute direction;
- communiquer ouvertement au sujet de la sécurité et du bien-être;
- encourager la participation des travailleurs dans l’identification des risques;
- veiller à ce que les employés se sentent en sécurité lorsqu’ils expriment des préoccupations.
De solides pratiques en santé et sécurité au travail constituent la base de l’amélioration du bien-être mental et physique.
Référence
Institute for Work & Health (2026). Lower injury rates found when workers feel their workplace prioritizes their wellbeing. Disponible à : Lire l’article complet.
Source : Terminologie et conventions conformes aux ressources fédérales canadiennes et guides de rédaction bilingue.
Confiance : 5/5

