Le rapport annuel de Fil de vie sur l’état de la sécurité publié ce printemps démontre que, si les opinions en lien avec la sécurité au travail demeurent positives partout au pays, les progrès visant à réduire les accidents et les décès restent stagnants.

Les résultats pointent vers un écart marquant : les organisations croient en la sécurité, mais elles ne réussissent pas à l’intégrer dans leur quotidien. Bien que le sondage présente certains signes encourageants, il ne témoigne pas du progrès que nous espérions en matière de santé et de sécurité.

Fil de vie a lancé son sondage annuel sur l’état de la sécurité en 2024, travaillant de concert avec le forum Angus Reid. Pour le rapport de cette année, Angus Reid a sondé un échantillon représentatif de 1013 propriétaires d’entreprise, gestionnaires d’embauche, décideuses et décideurs du Canada.

« Le problème, ce n’est pas la sensibilisation, c’est l’action », affirme Eugene Gutierrez, directeur général de Fil de vie. « Nous remarquons une forte croyance en la sécurité à travers le pays, mais si nous voulons voir de vrais changements, cette croyance doit être renforcée grâce à la formation, au leadership et à la culture. »

Les points saillants du rapport sur l’état de la sécurité 2026 :

  • Les convictions en matière de sécurité S’AMÉLIORENT au Canada. Lorsque nous avons demandé aux décideuses et aux décideurs s’ils croyaient que « le risque d’accident reste suffisamment bas pour qu’on n’y pense même pas », seuls 42 % d’entre eux étaient d’accord. Cela représente une baisse par rapport à 48 % l’an dernier. C’est au sein des plus petites entreprises (de deux à neuf employées et employés) que cette amélioration se voit le plus. 
  •  Bâtir une culture de bienveillance exige un travail de tous les instants. Une culture de sécurité demeure dynamique et elle ne constitue pas une destination. Dans notre rapport sur l’état de la sécurité de cette année, la proportion de personnes sondées ayant affirmé que leur milieu de travail « place la santé et la sécurité avant tout » (66 %) est restée stable. Le sondage a toutefois révélé une certaine détérioration de cet indicateur de la sécurité au sein des plus grandes entreprises du Canada. Parmi les entreprises de 100 employées et employés ou plus, nous avons constaté une baisse, le taux passant de 70 % en 2025 à 63 % cette année. Pour ce qui est des milieux syndiqués, l’adhésion à cet énoncé a chuté de 77 % à 62 % cette année.
  • Le manque de personnel s’est hissé au premier rang cette année parmi les défis nuisant à la santé et à la sécurité selon les personnes sondées. Ce facteur a connu la plus forte augmentation annuelle et a détrôné le manque de temps pour la formation en tant que principal obstacle à l’amélioration des normes de sécurité. 
  • Apprenons-nous de nos erreurs ? Après une blessure, un décès ou un diagnostic de maladie liée au travail, les familles veulent s’assurer que l’histoire ne se répétera pas pour une autre travailleuse ou un autre travailleur, ou une autre famille. Toutefois, le rapport sur l’état de la sécurité de Fil de vie indique que les milieux de travail ne semblent pas prendre ces mesures en ce sens. Parmi les personnes sondées ayant déclaré un décès sur leur lieu de travail au cours de l’année précédente, 61 % d’entre elles affirment avoir implanté des mesures de sécurité supplémentaires. De plus, 52 % ont implanté des mesures de sécurité supplémentaires après une blessure. Seules 68 % des personnes sondées affirment qu’on a mené une enquête approfondie à la suite d’un décès ou d’une blessure. 
  • La formation est l’un des piliers fondamentaux de tout programme de sécurité. Pourtant, elle fait défaut dans plus du quart des milieux de travail canadiens. 
    Lorsque questionnés au sujet des protocoles de sécurité sur les lieux de travail, seuls 70 % des décideuses et décideurs du pays ont déclaré bénéficier d’une formation en sécurité pour les employées et employés. Ce nombre est demeuré stable pendant les trois années du sondage annuel sur #StateOfSafety. La proportion est encore plus faible pour les rencontres mensuelles sur la santé et la sécurité (44 %) ou les séances d’information en début de quart de travail (32 %).
  • La santé mentale au travail demeure un défi majeur. Pour 43 % des participantes et participants au sondage de 2026, leur milieu de travail a connu une augmentation des enjeux en lien avec la santé mentale au cours de la dernière année. Cela représente une légère hausse par rapport à l’an dernier. La bonne nouvelle ? 86 % des milieux de travail entreprennent des démarches pour relever les défis. 

Chaque année, Fil de vie effectue un sondage sur l’état de la sécurité afin de prendre le pouls de la nation en matière de santé et de sécurité. L’objectif vise à évaluer les croyances et les pratiques et à mesurer le progrès afin d’en venir à un monde où les blessures, les maladies et les décès représentent plus qu’une simple dépense commerciale. Nous encourageons les employeurs, les décideurs politiques et les leaders de l’industrie à utiliser ce rapport comme outil de réflexion, de perspective et de prise de décisions. 

Notre vision vise un avenir où les gens n’auront plus besoin de Fil de vie », affirme Eugene. « Cela ne se concrétisera que lorsque la sécurité deviendra non seulement un sujet de conversation au sein des organisations, mais aussi une action de tous les jours. »

Voir le rapport sur l’état de la sécurité pour l’année 2026 (en anglais) :https://www.threadsoflife.ca/blog/the-state-of-safety-in-canada-2026

2
4