Les milieux de travail ont une incidence importante sur la santé, la sécurité et le bien-être des personnes. Statistique Canada a publié les premiers résultats de l’Enquête canadienne sur les conditions de travail (ECCT) de 2024–2025, qui offre un aperçu plus précis des risques physiques et psychologiques présents dans les milieux de travail au Canada.

Constats de l’enquête : les risques physiques demeurent répandus

De nombreux travailleurs déclarent être fréquemment exposés à des facteurs de risque pouvant nuire à leur santé à long terme—particulièrement dans les emplois physiquement exigeants.

En 2024–2025 :

  • 54,3 % des travailleurs étaient souvent exposés à des risques ergonomiques (mouvements répétitifs, soulèvement de charges lourdes, postures douloureuses).
  • 28,1 % étaient exposés à des risques physiques ambiants (bruit excessif, températures extrêmes).
  • 17,8 % signalaient une exposition fréquente à des risques biologiques ou chimiques (fumées, solvants, matériaux infectieux).

Certains groupes professionnels plus à risque

L’exposition varie considérablement selon la profession.

Risque ergonomique élevé :

  • Ressources naturelles, agriculture, production connexe : 74,9 %
  • Métiers, transport, opérateurs d’équipement : 74,5 %
  • Fabrication et services publics : 73,2 %

Risque ambiant élevé :

  • Fabrication et services publics : 65,0 %
  • Ressources naturelles et agriculture : 64,9 %
  • Métiers et transport : 64,7 %

Risque biologique et chimique élevé :

  • Professions de la santé : 46,6 %

Le niveau de scolarité influence l’exposition

Les conditions varient selon le niveau d’études :

  • Baccalauréat ou plus : moins exposés aux risques ergonomiques (41,9 %), ambiants (15,1 %), et biologiques/chimiques (10,4 %).
  • Diplôme d’études secondaires ou moins : plus exposés aux risques ergonomiques (64,0 %) et ambiants (40,8 %).

Les exigences émotionnelles en hausse

Les risques physiques ne sont qu’une partie du problème. Le stress émotionnel affecte aussi le bien-être.

  • 16,1 % des travailleurs ont souvent interagi avec des clients, patients ou élèves en colère ou insatisfaits.
  • Professions de la santé : 35,2 % (plus du double de la moyenne nationale).
  • Femmes : 20,1 % vs hommes : 12,5 %
  • Travailleurs de 15 à 24 ans : 22,1 % (plus élevé que chez les groupes plus âgés)

L’équilibre travail-vie personnelle toujours mis à mal

  • 17,0 % font du travail non rémunéré sur leur temps personnel plusieurs fois par mois.
  • Ressources naturelles et agriculture : 66,4 % travaillent plus de 10 heures/jour au moins une fois par mois; 33,5 % dorment moins de 11 heures entre deux journées de travail.

Hommes plus susceptibles que les femmes de :

  • travailler de nuit (22,3 % vs 14,5 %)
  • faire des journées de plus de 10 heures (43,3 % vs 25,1 %)

Rôles de gestion : délais serrés et travail hors des heures

  • 50,2 % des gestionnaires travaillent souvent avec des délais serrés.
  • 34,6 % des gestionnaires et 29,5 % des travailleurs diplômés font du travail non rémunéré durant leur temps libre plusieurs fois par mois.

L’accès à des horaires flexibles demeure inégal

Les horaires flexibles peuvent prévenir l’épuisement, mais l’accès varie :

  • 58,9 % des employés ont un horaire imposé par l’employeur
  • 26,2 % peuvent ajuster leur horaire dans certaines limites
  • 6,3 % déterminent entièrement leur propre horaire

Plus flexible : Services professionnels, scientifiques et techniques (58,3 %)
Moins flexible : Services de soutien aux entreprises, bâtiments, autres (24,2 %)
Parents d’enfants de moins de 6 ans : accès similaire à ceux sans enfants

Le soutien au travail n’est pas vécu de manière égale

Le soutien est essentiel à une culture saine :

  • 79,5 % se sentent soutenus par leurs collègues
  • 73,6 % par leur gestionnaire

Mais certains groupes vivent moins de soutien :

  • Soins de santé et services sociaux : soutien des gestionnaires faible (66,2 %)
  • Employés noirs : 69,4 % se sentent soutenus par les collègues (vs 81,6 % non racialisés/non autochtones); 66,2 % par leur gestionnaire (vs 74,0 %)

Point positif : la majorité trouve du sens à leur travail

Malgré les défis :

  • 81,9 % jugent faire un travail utile la plupart du temps ou toujours

Secteurs les plus élevés :

  • Agriculture : 92,3 %
  • Construction : 88,5 %
  • Soins de santé et services sociaux : 87,2 %

Pourquoi ces résultats sont importants

L’ECCT mesure des dimensions clés de la qualité de l’emploi — risques physiques, pressions psychosociales, flexibilité, soutien. D’autres rapports à venir fourniront des analyses plus poussées.

Alors que le monde du travail évolue, ces données aident les employeurs, décideurs et gestionnaires à améliorer la sécurité, la prévention et le bien-être des travailleurs à travers le Canada.

Source : Statistique Canada